Le risque d’une refonte n’est pas de changer la couleur du bouton. Le vrai risque est de supprimer ou déplacer sans le savoir une page qui recevait déjà des impressions, des clics ou des liens.

C’est exactement pour cela que je ne commence jamais une refonte sérieuse par la maquette. Je commence par l’existant.

Si vous envisagez déjà de refaire votre site, ma page refonte de site internet explique la prestation. Ici, je détaille surtout la méthode SEO qui doit entourer la migration.

1. Je récupère la liste des URLs actuelles

Avant de supprimer quoi que ce soit, il faut savoir ce qui existe réellement.

Je regarde notamment :

  • les pages principales ;
  • les pages services ;
  • les articles ;
  • les anciennes URLs encore indexées ;
  • les PDF ou ressources importantes ;
  • les URLs qui reçoivent des liens externes.

Une page peut être moche et pourtant avoir de la valeur. La supprimer uniquement parce qu’elle ne plaît plus visuellement est une mauvaise raison.

2. Je regarde Search Console page par page

La Search Console permet de voir les pages qui obtiennent déjà des impressions et les requêtes qui les déclenchent.

Je classe généralement les URLs en quatre groupes :

  • à conserver : la page fonctionne et son intention reste utile ;
  • à améliorer : elle a un signal mais son contenu ou sa conversion sont faibles ;
  • à fusionner : plusieurs pages se battent sur le même sujet ;
  • à retirer : contenu sans utilité, sans trafic et sans lien important.

Cette étape évite le grand classique : supprimer une URL qui semblait inutile dans le menu alors qu’elle était l’une des rares pages du site à apparaître correctement sur Google.

3. Je vérifie les backlinks avant une suppression

Une page sans clic récent peut tout de même recevoir un lien depuis un autre site. Si elle disparaît sans redirection, une partie de cette valeur est perdue.

La question n’est donc pas seulement : « cette page reçoit-elle du trafic ? ». Il faut aussi demander : « quelqu’un pointe-t-il vers elle ? ».

4. Je décide quelles URLs doivent vraiment changer

Je ne change pas un slug pour le plaisir de le rendre plus joli.

Si une URL est déjà connue, indexée et cohérente, la conserver est souvent le choix le plus simple. Une nouvelle URL se justifie lorsqu’il y a une vraie raison d’architecture, de contenu ou de migration.

Changer cinquante URLs parce qu’on a refait le design ajoute cinquante occasions de faire une erreur.

5. Chaque ancienne URL supprimée doit avoir une destination logique

Une redirection 301 n’est pas un vide-ordures qui envoie tout vers l’accueil.

Si une ancienne page « installation pompe à chaleur » disparaît au profit d’une nouvelle page plus complète sur le même service, la redirection est évidente.

Si la page n’a plus aucun équivalent, il vaut parfois mieux la retirer proprement que d’envoyer artificiellement l’utilisateur vers une page sans rapport.

6. Je vérifie le nouveau Title, le H1 et le contenu de chaque page importante

Une refonte peut conserver l’URL mais changer complètement le sens de la page.

Avant la mise en ligne, je vérifie donc que :

  • le Title correspond toujours à l’intention principale ;
  • le H1 explique clairement ce que propose la page ;
  • le contenu utile de l’ancienne version n’a pas disparu ;
  • les liens internes importants ont été remis ;
  • les boutons et formulaires fonctionnent.

7. Je contrôle les canonicals, le robots.txt et le sitemap

Ces éléments ne sont pas très visibles pour le client, mais une erreur peut empêcher Google d’explorer ou de comprendre correctement le nouveau site.

Je vérifie notamment qu’une page importante ne sorte pas accidentellement en noindex, que son canonical pointe vers la bonne URL et que les pages à indexer apparaissent bien dans le sitemap.

8. Je teste les redirections avant et après la mise en ligne

Un tableau de redirections n’a de valeur que si les règles fonctionnent réellement sur le serveur.

Je teste donc les anciennes URLs et vérifie qu’elles arrivent directement vers leur nouvelle destination, sans chaîne inutile du type ancienne URL → deuxième ancienne URL → nouvelle URL.

9. Après la mise en ligne, je surveille les erreurs et les pages prioritaires

La migration n’est pas terminée au moment où le nouveau design apparaît.

Je contrôle ensuite :

  • les réponses HTTP ;
  • les principales redirections ;
  • les formulaires ;
  • le sitemap ;
  • les pages importantes dans Search Console ;
  • les impressions et clics dans les semaines suivantes.

Une refonte peut quand même provoquer des variations

Même une migration propre peut entraîner une période de réévaluation. Le but n’est pas de promettre zéro mouvement. Le but est d’éviter les pertes causées par des erreurs prévisibles.

Il y a une grande différence entre « Google réévalue le nouveau site » et « nous avons supprimé vingt URLs qui rankaient sans aucune redirection ».

La question à poser à votre prestataire avant de signer

Avant de refaire mon site, comment allez-vous identifier les pages et URLs que Google connaît déjà, et comment allez-vous gérer celles qui changent ?

Si la réponse se limite à « notre plugin SEO s’en occupe », je demanderais davantage de détails.

Pour un projet déjà existant, vous pouvez consulter ma méthode de refonte, voir mes réalisations ou me montrer directement votre site actuel. Je préfère commencer par ce qu’il faut conserver avant de parler du nouveau design.